Archives départementales de l'Indre

10 décembre 2025

Fête nationale du 14 juillet : 1789 ou 1790 ?


L’idée de fête nationale naît sous la Révolution française, la première étant la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, commémorant la prise de la Bastille un an plus tôt. Cette fête se déroule dans un esprit de réconciliation et d’unité nationale. De 1793 à 1803, la fête de la fondation de la République est célébrée le 1er vendémiaire de chaque année (premier jour du calendrier républicain) mais Napoléon Bonaparte la remplace par celles honorant sa personne : fête du couronnement impérial le 2 décembre et saint Napoléon le 15 août. Pendant la période de la Restauration est célébré le saint patron du souverain, saint Louis le 25 août puis saint Charles le 4 novembre.

La Deuxième République institue les 24 février et 4 mai comme jours de fête nationale. Ce sont les jours de la proclamation de la République et de sa ratification par la Constituante.

Sous le Second Empire, Napoléon III rétablit le 15 août, fête de saint Napoléon, comme jour de fête nationale. Enfin, par la loi du 6 juillet 1880 portée par Benjamin Raspail, « la République adopte la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle ». Il est à noter que la loi se réserve bien de préciser s’il s’agit du 14 juillet 1789, prise de la Bastille, journée sanglante, ou du 14 juillet 1790, journée d’unité de la Nation, qui est célébré.

L’affiche de la ville d’Issoudun présentée ici a tranché cette question. Sous la date du lundi 14 juillet 1930, on peut lire : « anniversaire du 14 juillet 1789 ». Elle énumère ensuite le programme des dimanche 13 et lundi 14 juillet : salves d’artillerie, grande retraite aux flambeaux, lâcher de pigeons, distributions solennelles des prix et des bons de vivres aux indigents. Le programme ne mentionne en revanche aucune manifestation religieuse lors de ces deux journées. En effet, la fête du 14 Juillet est la première fête laïque, dès son instauration, contrairement à l’usage qui était de chanter un Te Deum lors des précédentes fêtes nationales. L’Église se trouve dissociée d’une fête officielle alors que le Concordat est toujours en vigueur. Dès lors, le 14 Juillet ouvre une nouvelle page des relations tumultueuses entre l’État et l’Église (expulsion des congrégations non autorisées en 1880, suppression de l’enseignement congréganiste en 1904 et séparation des Églises et de l’État en 1905).

Fête nationale à Issoudun.
Fête nationale à Issoudun.

Cote : 48 J 6B 15

Date : [1930]

Éditeur/imprimeur : S.l,. s.n.

Dimensions : 124 x 85 cm

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