Archives départementales de l'Indre

14 décembre 2025

George Sand à la fête !


Tu veux écrire pour les temps. Moi, je crois que, dans cinquante ans, je serai parfaitement oubliée et peut-être durement méconnue

Lettre de George Sand à Gustave Flaubert, 8 décembre 1872


Les anniversaires des 25 ans en 1901 et des 50 ans en 1926 de la mort de George Sand ont donné lieu à deux grandes fêtes pour commémorer et rendre hommage à celle qui a promu le Berry dans ses livres.

George Sand est née à Paris en 1804. Suite au décès de son père, elle emménage à Nohant chez sa grand-mère. Elle passe son enfance et son adolescence dans ce petit village, partagée entre sa grand-mère et son précepteur, qui lui apportent une éducation aristocratique, et les enfants de la ferme, de la fréquentation desquels elle se forge une éducation populaire. 

Écartée de Nohant pendant son mariage à cause du conflit qui l’oppose à son mari, elle y revient après le jugement de séparation de corps prononcé en 1836. C’est dans cet environnement qu’elle acquiert une bonne connaissance tant des mœurs bourgeoises que celles paysannes qui lui serviront par la suite à échafauder ses romans.

Ainsi, douze romans prennent place totalement ou partiellement dans le Berry de George Sand, c’est-à-dire dans une partie du bassin de l’Indre (la Vallée noire) et sur les rives de la Creuse : Valentine (1832), André (1835), Mauprat (1837), Le Péché de Monsieur Antoine et Le Meunier d’Angibault (1845), La Mare au diable (1846), François le Champi (1848), La Petite Fadette (1849), Les Maîtres sonneurs (1853), Les Beaux messieurs de Bois-Doré (1858), La Famille de Germandre (1862), Nanon (1872).

Elle jette sur ces lieux un regard tantôt bienveillant : « Ce fut bien pis lorsqu’on sortit des sables pour descendre dans les terres grasses et fortes de la Vallée-Noire. Aux lisières de ce plateau stérile, madame de Blanchemont avait admiré l’immense et admirable paysage qui se déroulait sous ses pieds pour se relever jusqu’aux cieux en plusieurs zones d’horizons boisés d’un violet pâle, coupé de bandes d’or par les rayons du couchant. Il n’est guère de plus beaux sites en France » (Le Meunier d’Angibault, chapitre III), tantôt critique : « Il est peu de gîtes aussi maussades en France que la ville d’Eguzon. Quatre-vingts à cent maisons, d’apparence plus ou moins misérable (à l’exception de deux ou trois, dont nous ne nommerons point les opulents propriétaires de peur d’attenter à leur modestie), composent les deux, trois rues, et ceignent la place de cette bourgade, fameuse à dix lieues à la ronde pour l’esprit procédurier de sa population, et la difficulté de ses abords » (Le Péché de Monsieur Antoine).

La ville de La Châtre n’est pas épargnée par l’écrivaine dans Histoire de ma vie : « Ô mes chers compatriotes ! Pourquoi êtes-vous si mal propres ! […] sans cette affreuse malpropreté la Châtre serait un séjour agréable. La plus belle rue, la rue Royale, est en réalité, la plus laide ; elle est sans caractère. Mais le vieux quartier est pittoresque, et conserve quelques-unes de ces maisons de bois de la Renaissance, si élégantes et d’une si belle couleur. »

Peu rancunière, la ville organise une grande fête en l'honneur de George Sand en 1901 à l’occasion des 25 ans du décès de l’écrivaine survenu le 8 juin 1876 à Nohant. « J’ai décrit La Châtre, je l’ai sermonnée, parce qu’en fait je l’aime », reconnaît-elle dans Histoire de ma vie.

En 2026, nous fêterons les 150 ans de la mort de George Sand. Et non, Madame, nous ne vous avons pas oubliée.

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